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Belal Khaled, Calligraphe et Photographe palestinien


    Nous créons la vie, nous créons de l’art à partir de cette destruction
    Regardez comment nous nous trouvons au milieu de cette destruction,
    Et nous créons la vie et la gloire
    C’est ce qui distingue les habitants de Gaza

    نخلق حياة، نخلق فنّا من هذا الدمار
    أنظر كيف نقف بين هذا الدمار،
    و نصنع حياة و مجداً
    و هذا ما يميز أهل غزة
    calligraphie missile
    poème de Samih Al Qasim calligraphié sur un missile non explosé tombé sur une maison

    Qui est-il ?

    Né dans la ville de Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza, en Palestine, Belal Khaled est avant tout un artiste engagé. Il travaille aussi comme photojournaliste.
    A travers son travail il cherche à transformer les lieux et manifestations de destruction en œuvres d’art et invite à la tolérance et la coexistence. Depuis l’âge de 14 ans, il ne cesse jusqu’à aujourd’hui de pratiquer cette forme d’expression, résultat de son inspiration personnelle. Chaque coup de son pinceau a un sens et une raison, dit-il. Faute d’accès à des formations formelles en arts ou photographie, il a du apprendre plutôt par lui-même.

    « Mon esprit et tout le reste était plein de ces images, je ne pouvais pas oublier ces scènes et je les dessinais, j’essayais de montrer ce qu’il y avait à l’intérieur de moi« .

    Porteur de messages d’espoir, d’amour et de détermination à survivre, son art et style particulier traverse les frontières.

    « Je voulais trouver la vie et la beauté au milieu de toute cette mort et cette destruction »

    «L’âme qui se bat en nous» Fresque calligraphique sur plus de 50 mètres de long, Juillet 2021.

    Un style unique

    Pour cela il développe son propre style de calligraphie, préférant peindre sur des murs et des voitures plutôt que des toiles. Un style moderne et libre, non conventionnel et rappelant le calligraffiti c’est à dire l’art de combiner calligraphie, typographie et graffitis.
    Il est d’ailleurs le fondateur de Gaza Graffiti.

    Ses peintures représentent ainsi soit des citations, des réflexions ou encore des poèmes, et sont considérées comme une forme d’art public.
    Cherchant à relier et à s’engager avec la communauté, Belal Khaled promeut des messages sociaux de paix et d’unité. Il retranscrit ainsi à travers son art ses sentiments voire même ceux de tout un peuple, tel un ambassadeur.

    « Toute ma vie, j’ai travaillé avec les réfugiés pour leur donner de l’espoir. Je sais ce que c’est que d’être un réfugié, et c’est pourquoi je peux les aider. »

    Ayant voyagé dans divers pays du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Europe, Belal Khaled en a profité pour s’inspirer et s’imprégner de la riche histoire de la calligraphie arabe. De l’écriture naskh, délicate et raffinée, à l’écriture koufique audacieuse et puissante. Et c’est avec honneur qu’il ajoute cette importance culturelle à travers son travail.

    Des messages universels

    Principalement sur des murs et à grande échelle mais pas que, ses calligraphies traversent les frontières et peuvent être trouvées en Belgique, au Qatar, au Soudan, en Somalie, au Zimbabwe, en Palestine, au Liban, en Jordanie ou encore en Égypte ainsi que dans d’autres pays du monde.

    « J’ai fait des graffitis et j’ai eu un lien entre les murs et moi-même depuis que je suis jeune »

    Conçues pour être vues dans les espaces publics car porteuses de messages, on les retrouve dans divers endroits : parcs, centres culturels et autres bâtiments dans les zones urbaines.

    Exprimées sur une large palette de supports allant des vêtements, murs, sacs, magasins, véhicules et même sur corps humains, ses calligraphies prennent de multiples apparences.

    Belal Khaled a également travaillé avec de nombreux autres artistes et organisations.
    On citera par exemple Google, l’Unesco, Arte.tv, Al Jazeera ou l’université d’Oxford, la liste est non exhaustive.

    Beaucoup de ces peintures murales sont des collaborations et un moyen de promouvoir les échanges et la compréhension culturelle.

    Je vous invite à visiter son site officiel (en anglais) pour en savoir + notamment la partie [Projects] qui invite à un véritable voyage, ainsi que son compte instagram.

    Attention cependant concernant son Instagram : malheureusement ces dernières semaines ses œuvres calligraphiques ont dû laisser place à son travail de photojournalisme en lien avec l’actualité à Gaza.
    Certaines images et photos récentes sont donc particulièrement sensibles et difficiles à supporter.


    Voici un message traduit lors d’une vidéo postée il y a quelques jours sur son compte officiel :

    Bonjour le monde, je m’appelle Belal.
    Avant la guerre, j’étais connu comme un « calligraphe arabe ». Ma vie consistait en des projets artistiques à travers le monde avec des réfugiés, essayant de faire entendre leur voix à travers l’art. Aujourd’hui, je suis à Gaza et je n’aurais jamais imaginé qu’un jour j’écrirai sur le cadavre d’un enfant innocent. Il a été tué par les missiles barbares de l’occupation israélienne. Rien au monde ne pourra effacer cela de ma mémoire. Je resterai piégé dans ce moment à chaque fois que j’écrirai, à chaque fois que je ferai mon art si je suis encore en vie, pour le reste de ma vie.

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